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22 octobre 2026 — Ramzi Chamat

Immobilier suisse au T3 2026 : moins de transactions, des prix toujours en hausse

OAKS GROUP | NEWS - Immobilier suisse au T3 2026 : moins de transactions, des prix toujours en hausse

L’immobilier suisse continue de renchérir, mais le marché devient plus difficile d’accès. Dans son baromètre du troisième trimestre 2026, mis à jour le 14 octobre, RealAdvisor mesure une hausse annuelle de 3,4 % pour les appartements et de 2,9 % pour les maisons individuelles. Dans le même temps, l’entreprise estime que le nombre de transactions a reculé de 4 % sur douze mois.

Ce contraste est le fil conducteur du marché : la rareté soutient les prix, tandis que la capacité financière limite les acquisitions. Pour Genève et Vaud, l’enjeu n’est donc pas seulement de suivre une moyenne nationale. Il consiste à comprendre quels logements peuvent effectivement rencontrer une demande solvable, dans quels secteurs et à quel prix.

Des prix en hausse, sans accélération générale des ventes

Segment en Suisse
Variation au T3 2026
Variation sur douze mois
Appartements
+1,0 %
+3,4 %
Maisons individuelles
+0,8 %
+2,9 %

Source : RealAdvisor, variations au 30 septembre 2026.

RealAdvisor estime à environ 43 000 les ventes réalisées sur les douze mois à fin septembre, contre 45 000 sur l’année civile 2025 et une moyenne décennale proche de 50 000. Ces périodes ne sont pas identiques : elles donnent des repères de volume, pas une comparaison entre deux années civiles achevées.

Une hausse des prix et une baisse du nombre de ventes ne sont pas incompatibles. Un stock limité peut soutenir les valeurs des biens échangés alors que davantage de ménages renoncent à acheter ou prolongent leur recherche. Il serait toutefois excessif d’attribuer toute la résistance des prix à une seule cause : financement, localisation, caractéristiques des logements et composition des transactions interviennent également.

La croissance se déplace vers les villes plus accessibles

Les agglomérations les plus dynamiques ne sont plus nécessairement les plus chères. Pour les appartements, Saint-Gall affiche +5,0 % sur un an, devant Fribourg (+4,3 %) et Sion (+4,1 %). L’agglomération genevoise progresse de 2,8 %, contre 2,6 % pour Zoug.

Selon RealAdvisor, les cinq agglomérations les plus abordables de sa sélection enregistrent une progression moyenne de 4,0 %, contre 3,1 % pour les cinq plus chères. Ce mouvement suggère un ajustement de la demande aux possibilités financières des ménages, sans démontrer à lui seul un transfert des acheteurs d’une ville à une autre.

Pour les maisons, Fribourg (+3,2 %) et Sion (+3,1 %) restent en tête. Genève affiche +1,9 % à l’échelle de son agglomération. Une progression plus faible n’est pas une baisse des prix, et une croissance plus forte ne garantit pas un meilleur rendement.

Genève et Vaud : une hausse modérée dans un marché contraint

Périmètre cantonal
Appartements, sur un an
Maisons, sur un an
Genève
+2,7 %
+2,1 %
Vaud
+2,9 %
+2,1 %
Suisse
+3,4 %
+2,9 %

Source : tableau cantonal du baromètre RealAdvisor T3 2026. Le canton de Genève et l’agglomération genevoise constituent des périmètres distincts : leurs chiffres ne sont pas interchangeables.

À Genève, le rapport cite 0,31 % de logements vacants au 1er juin 2026, d’après les données de l’OFS qu’il reprend. Il mentionne aussi 668 transactions au deuxième trimestre, en recul de 12,8 % sur un an, selon l’OCSTAT. Le premier indicateur renseigne sur la disponibilité du parc ; le second mesure un flux de ventes à une autre date. Aucun ne permet, isolément, de prédire le prix d’un bien.

Dans le canton de Vaud, la hausse des appartements reste légèrement supérieure à celle du canton de Genève, tout en étant inférieure à la moyenne suisse. Ces moyennes masquent cependant des marchés locaux très différents. Desserte, proximité des emplois, qualité énergétique, charges et montant total d’acquisition peuvent peser davantage sur une vente que la tendance cantonale.

Le véritable obstacle : financer l’achat, pas seulement payer les intérêts

Le baromètre rappelle que, de 2016 à 2025, les prix d’achat ont augmenté de 31 %, les loyers de 14 % et les salaires nominaux de 9 %, selon les séries RealAdvisor et OFS mobilisées. Cette comparaison porte sur cette période précise ; elle ne doit pas être confondue avec les séries actualisées jusqu’en 2026.

Un taux hypothécaire attractif ne suffit donc pas à rendre un logement accessible. Dans le schéma usuel de financement d’une résidence principale, l’acquéreur apporte environ 20 % de fonds propres, tandis que la banque teste généralement la capacité financière avec un taux théorique voisin de 5 %. Les conditions exactes dépendent de l’établissement et du dossier.

Exemple illustratif
Montant
Prix du logement
CHF 1 500 000
Fonds propres à 20 %
CHF 300 000
Hypothèque à 80 %
CHF 1 200 000
Intérêts théoriques à 5 %
CHF 60 000 par an

Ces CHF 60 000 ne sont ni les intérêts effectivement facturés ni le coût annuel complet. Le calcul bancaire intègre aussi notamment l’entretien et l’amortissement requis ; les frais d’acquisition doivent également être anticipés. Un projet peut ainsi être abordable au taux contractuel et ne pas satisfaire le test de capacité financière.

Pour préparer cette analyse, notre calculateur hypothécaire et notre guide de l’acheteur donnent des repères, sans se substituer à une décision de crédit.

Moins de crédit nouveau, une offre encore insuffisante

Selon les chiffres Resolve cités par RealAdvisor, 22 130 nouveaux prêts au logement, représentant CHF 20,2 milliards, ont été accordés au deuxième trimestre 2026 : une baisse annuelle de 3,9 % en nombre et de 5,1 % en montant. Il s’agit de nouveaux crédits, non d’une contraction équivalente de l’encours hypothécaire total.

Du côté de l’offre, RealAdvisor reprend un taux national de vacance de 0,93 % au 1er juin 2026, soit environ 45 500 logements. Ce taux porte sur les logements vacants, et non exclusivement sur les biens proposés à la vente.

Le rapport cite 39 638 logements achevés en 2024, en baisse de 15,2 %, et une stabilisation provisoire en 2025. Malgré la reprise des autorisations de construire depuis 2024, il situe surtout en 2027-2028 l’arrivée de l’offre supplémentaire attendue. Une autorisation ne constitue toutefois pas une livraison garantie : financement, recours et réalisation peuvent modifier le calendrier.

Pour OAKS GROUP SA, la sélection des opérations devient décisive

Pour un groupe qui investit et développe pour son propre compte, la pénurie ne dispense jamais d’une analyse économique détaillée. Elle ne garantit ni la marge d’une promotion ni la rapidité de sa commercialisation.

À Genève et dans le canton de Vaud, les décisions doivent notamment articuler :

  • Le prix du foncier et la faisabilité urbanistique, plutôt qu’une valorisation fondée uniquement sur la hausse passée.
  • Le coût complet et le calendrier de l’opération, avec une sensibilité aux dépassements et aux délais.
  • Le budget total de l’acquéreur, en complément du prix au mètre carré.
  • Les typologies, les charges et la qualité d’usage, pour répondre à une demande identifiable.
  • Le rythme de vente et les conditions de financement, testés dans plusieurs scénarios.

Pour les immeubles de rendement, la même discipline s’applique : si le prix d’acquisition augmente plus vite que les loyers, le rendement brut se comprime, toutes choses égales par ailleurs. Charges, entretien, vacance, financement et droit applicable doivent être intégrés avant d’anticiper une valorisation future.

Retrouvez notre approche de la promotion immobilière à Genève et dans le canton de Vaud et nos promotions immobilières.

Fin 2026 et 2027 : une orientation positive, pas une garantie

RealAdvisor prévoit pour l’ensemble de 2026 une progression d’environ 3,5 % pour les appartements et 3,0 % pour les maisons. Ce sont des projections de l’éditeur, pas des résultats définitifs ni des prévisions cantonales pour 2027.

L’indice des prix des transactions Raiffeisen du 12 octobre 2026 apporte un éclairage distinct : il mesure une hausse annuelle de 5,9 % pour les PPE et de 3,6 % pour les maisons. Ces résultats reposent sur ses données de transactions et sa méthode ; ils ne doivent être ni fusionnés avec ceux de RealAdvisor ni présentés comme une validation exacte de leurs niveaux.

Pour 2027, l’équilibre restera notamment tributaire des livraisons effectives, des revenus des ménages et des conditions de financement. Le marché n’exige pas seulement davantage de logements : il exige des logements dont le prix, l’usage et la localisation correspondent à une demande finançable. C’est à cette échelle que se jugera la pertinence des nouvelles opérations.

Sources et méthode

Attention aux comparaisons historiques : RealAdvisor indique avoir recalibré son modèle au T3 2026. Les niveaux de prix de cette édition ne sont pas directement comparables à ceux des éditions précédentes. Les variations présentées ici sont celles calculées par RealAdvisor sur sa nouvelle base. L’analyse opérationnelle est celle d’OAKS GROUP SA et ne constitue pas une garantie de performance.

FAQ

Pourquoi les prix augmentent-ils alors que les transactions diminuent ?

Une offre limitée peut soutenir les prix des biens qui se vendent, même si moins de ménages parviennent à acheter. Les volumes de vente et les prix mesurent deux dimensions différentes du marché.

Quels chiffres retenir pour Genève et Vaud au T3 2026 ?

Selon RealAdvisor, les appartements progressent sur un an de 2,7 % dans le canton de Genève et de 2,9 % dans le canton de Vaud ; les maisons gagnent 2,1 % dans les deux cantons. Le chiffre de 2,8 % concerne les appartements de l’agglomération genevoise, pas ceux du canton.

Des taux bas suffisent-ils pour obtenir une hypothèque ?

Non. La banque examine aussi les fonds propres, les revenus et les charges théoriques. Il est utile de valider son budget de financement avant de rechercher un logement ou de s’engager sur une acquisition.

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